« Moi j’suis un enfant de la DAS. J’ai été placé à 2 ans et n’ai jamais connu mes parents. Je ne pensais pas qu’à 60 ans je retrouverais une famille, et l’amour !
Très jeune, j’ai su que soit je serais militaire, soit je ferais des conneries. Alors à 18 ans je me suis engagé. J’ai fait 25 ans au 18e régiment de transmission. J’ai été envoyé au Gabon, au Tchad, au Liban…
Je renouvelais mon contrat tous les 4 ans car de toute façon, personne ne m’attendait dehors. J’en suis sorti très marqué et je le suis encore aujourd’hui.
En parallèle, j’ai eu 11 enfants. Avec ma deuxième femme, on a vécu 20 ans ensemble. Puis elle a déclaré un cancer des poumons et elle est décédée il y a 7 ans.
Ça a été un tournant dans ma vie. J’ai vendu la maison qu’on avait à Cerbère. J’ai tout laissé à mes enfants… Et je suis parti.
Je suis monté à Paris et je suis devenu chauffeur routier. Je ne trouvais plus vraiment de sens à ma vie, je me laissais vivre.

Trois ans plus tard, je suis arrivé à Marseille. J’appelais le 115 tous les jours pour trouver un toit, c’était très dur comme période.
Puis j’ai rencontré une association qui s’appelle La Source (Association Massabielle 👋). J’y ai rencontré des personnes formidables. Ce sont eux qui m’ont parlé de Lazare.
Quand je suis arrivé à la maison, je me suis senti chez moi tout de suite. C’était la première fois depuis presque 6 ans que j’étais posé et en sécurité. On allait souvent au karaoké avec les colocs, j’ai retrouvé le goût de faire la fête !
J’ai compris rapidement que Lazare allait devenir ma nouvelle famille. Je ne me suis pas senti jugé. J’ai trouvé des gens à l’écoute, beaucoup de respect les uns envers les autres.
Et j’y ai aussi changé.
J’ai eu beaucoup de discussions avec Matthieu, un Versaillais de 22 ans, on avait pas du tout la même vie mais il avait quand même des choses à me dire. Il m’a fait réfléchir sur le rapport que j’avais aux femmes. Je pensais souvent trop à moi. À 60 ans, j’ai accepté de me remettre en question.
C’est à Lazare que j’ai rencontré Sonia, une coloc de la maison. Une femme très à l’écoute qui me calme beaucoup. Ça a été le coup de foudre !
Aujourd’hui, notre projet c’est d’emménager ensemble à côté de Lazare à Marseille.
📣 À 62 ans et 9 mois je vais bientôt toucher ma retraite. On est à la recherche d’un bon plan logement pour emménager ensemble. Je peux faire des travaux si besoin !
Je vais quitter la coloc, mais je resterai très proche de ma maison. Tous les vendredis soirs, il y a des dîners ouverts à tous. N’hésitez pas à venir pousser la porte, des places de colocs vont se libérer ! »
– Jean-Jacques, coloc à Lazare Marseille